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Publié le par Epikt

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Publié dans cinéma

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Martin 11/03/2009 15:11

et le spin-off erotique de '86

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Julien 03/03/2009 01:10

Non, ça ne me paraît pas fumeux. Comme tu le pressens, mon opinion est opposée à la tienne, surtout en ce qui concerne le retournement de situation - que tu caricatures évidemment. Tout le film d'Eastwood le contredit : le papi pas cool, c'est vous qui le dites. Il est droit, sincère, il ne s'embarrasse pas de conventions. Un personnage entier, intégral. Qui peut dire comment cet homme se comportait chez Ford, en Corée ? Je pense que beaucoup d'éléments nous sont donnés qui appellent à dépasser le cadre posé dans la première partie du film (il vient de perdre sa femme, il est mourant et entouré de cons de sa famille, dans un environnement qu'il ne reconnait plus). Lorsqu'enfin une occasion apparaît, lui donnant espoir de léguer des valeurs, sa vision de la vie, il s'y accroche comme un ultime espoir. Même chose pour Thao, il hésite à la lisière entre deux mondes et nous ne savons pas ce qu'il adviendra de lui (selon moi le sacrifice de Walt aura été inutile, je ne peux que le voir basculer dans la violence. La fin du film est, à cet égard, on ne peut plus ouverte).
Et nous pourrions, comme sur la plupart des blogs que je truste, poursuivre la conversation à l'infini. Car, aujourd'hui, il n'y a qu'un seul cinéaste pour faire autant parler cinéma autour de lui, avec une telle passion, c'est Clint Eastwood. Si tout le monde l'aimait, je finirai par trouver ça louche. Mais il faut lui reconnaitre cette force : les débats qui s'ensuivent à la sortie de chacun de ses films sont profonds, emportés, passionnés, et il n'y est question que de cinéma.

Epikt 03/03/2009 11:26


Comment ne pas être d’accord avec toi sur la première partie ? Car encore une fois tu en restes aux thèmes développés (il ne peut avoir guère de controverse), plus qu’au développement. Et en toute
franchise, qu’on puisse discuter à l’infini sur l’utilité du sacrifice de Walt et l’avenir de Tao m’en touche une sans bouger l’autre (quand il s'agit de savoir si c'est un bon film ou pas). C’est
si facile de faire une fin ouverte !

Par contre, la fin de ton message met à mal mon petit coeur fragile :

1/ « et il n'y est question que de cinéma » : non. Dans 99% des cas il est question des thèmes du film (on pourrait presque avoir les mêmes discussions à partir du scénario), que ce soit
la recherche de filiation de Walt où le supposé lepenisme de Eastwood (LOL, mais authentique).

2/ « Si tout le monde l'aimait, je finirai par trouver ça louche » : et bien j’espère que tu trouves ça louche, car à l’exception de quelques excités qui n’ont d’ailleurs pas toujours
raison tout le monde aime Eastwood, en particulier la presse (cf la
revue de presse d’Allociné, c’est hallucinant). Si les anti sont parfois virulents (mais tu es la preuve que les pro le sont aussi, parfois davantage) c’est parce qu’ils sont en infériorité
numérique flagrante (1 pour plus de 200, toujours à en croire Allociné)(votes spectateurs cette fois : à l'heure où j'écris il y en a ~550 à 3 ou 4 étoiles, contre 25 à 0 ou 1, si ça c’est pas de
l’unanimité !)(chez la presse, c’est encore plus clair : 27 pour, 0 contre).
Je vais peut-être te choquer, mais je trouve Eastwood et son cinéma insignifiants (pas mauvais,  juste quelconques, des « grands films » comme ça j’en vois quinze par jour). Alors si bien
malgré moi je passe pour un détracteur d’Eastwood, c’est à cause de cette unanimité à son égard qui me laisse on ne peut plus perplexe – ça doit être le cas d’autres qui sans la Eastwood mania
autour ne perdraient pas leur temps à écrire dessus.

3/ « aujourd'hui, il n'y a qu'un seul cinéaste pour faire autant parler cinéma autour de lui, avec une telle passion, c'est Clint Eastwood » : et crois moi que ça me désole.
Il y a pourtant plus à parler de cinéma dans un seul film de Mamoru Oshii ou de Peter Greenaway que dans dix films d’Eastwood. Quand je parle d’Eastwood je ne parle pas cinéma, sauf pour affirmer
qu’un autre cinéma est possible.


Julien 02/03/2009 12:17

Tiens, je suis pas encore venu truster ton blog... J'ai décidé de stopper les commentaires sur Matière Focale, mais j'ai bien lu ton intervention. Rapidement : une thématique ne suffit pas à rendre un film bon voire très bon. Dans Gran Torino si la mise en scène ne m'avait pas touché, emballé, s'il n'y avait pas la même volonté de léguer aussi une forme classique - la forme eastwoodienne, bien reconnaissable quoi qu'on en dise (qu'on aime ou pas) - je ne défendrai pas le film aussi fort.
Tu peux avoir un point de vue, un jugement sur le la filiation dans Gran Torino et juger le personnage, c'est ton droit. Mais imagine que le tableau aurait été vraiment surréaliste et maladroit si, sous ses airs patibulaires, Walt avait été féru d'histoire de l'art et apprenait à son petit gars la critique comparative en vantant les mérites d'un Van Gogh face à un Matisse... Ce qui compte c'est l'envie, le processus, bien humain, qui consiste à vouloir laisser une empreinte avant de partir, avant de mourir.
Je te laisse l'appréciation de cinéma beauf, mais souligne tout de même que le beauf a laissé suffisamment de matière à cet art majeur, le cinéma, pour faire parler de lui et de son travail pendant des décennies entières. Je ne suis pas certain que la majorité de la critique et de la cinéphilie soit "beauf"...
Sur ce, une journée de boulot m'attend, avant de retrouver mes pantoufles ce soir.

Epikt 02/03/2009 23:34


Coucou,
(merci d’avoir laissé un commentaire ici plutôt que sur le Glop – ici c’est freestyle, on peut y parler de tout et portnawak, même continuer la discussion commencée chez le voisin, par contre
j’essaye de conserver le Glop un peu propre ^^)

Faire de Gran Torino un film de bourgeois aurait en effet été ridicule, et je n’ai pas vraiment de soucis avec le fait que Walt soit un « beauf » (y a pas de mauvais sujet comme dirait
l’autre).
Je suis d’emblé plus gêné lorsque le personnage n’existe pas, si ce n’est comme potentiel retournement de situation. Là je te renvoie au texte du docteur Orlof qui traite bien du sujet : Walt n’est vieux con aigri que pour devenir un papi cool, Tao n’est une tafiole que
pour devenir un type qui gère avec les filles. Je caricature forcément un peu, mais il y a de cela, Eastwood n’arrive pas à incarner et à crédibiliser ses personnages ; le pompon revenant justement
à Eastwood parodiant ses rôles mythiques. Tous ces personnages laissent bien entendu apparaître les intentions de l’auteur, mais ces intentions ne se concrétisent malheureusement pas de manière
tangible (ce dont, en passant, ce contrefout la « critique dialectique » puisque seul l’intéresse le sens donné aux éléments du film) à travers des personnages vraiment habités et subtils – allez,
le seul qui de temps à autre me convainc c’est la soeur, et c’est sans doute plus dû au jeu de l’actrice qu’à ses dialogues ou à la mise en scène.
Là oui, cette filiation « beauf » me gêne, car j’oserais dire que c’est même pas une filiation entre humains. Du coup, alors que j’aurais pu m’intéresser au mouvement, au flux, à l’envie (pour
reprendre tes mots), à ce que finalement m’intéresse en tant que cinéphile principalement porté sur l’émotion, le « sens » me saute à la gueule (enfin... presque ^^) et là j’estime avoir le droit à
mon blocage idéologique.
(désolé d’avance si ça te parait fumeux)